PRESS: PAROLES d'ARTISTE • March 2004

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Posters for EVENTS

MOVIE Posters

Out in the world...

PRESS

About Astrid Chevallier's approach of design.
by the Students at IUT3, University of Caen, Normandie, France.

French


1. Design

"Le design est pour moi un reflet de la personnalité.
Choisir un design c'est choisir une façon de se présenter, de vivre et de communiquer. Le design en dit long sur la façon d'aborder les choses et le niveau d'exigence de la partie qui se présente. Il accompagne la tenue vestimentaire, il dénote l'élégance intrinsèque... C'est un raccourci dans les rapports humains. Je n'ai pas de réel courant défini, c'est plus le projet et le public auquel on s'adresse qui va définir le style graphique que je vais employer.

La forme d'expression n'est pas importante, ce n'est que du travail pour accéder à une certaine maîtrise. Ce qui compte c'est ce qu'il y a à l'intérieur de soi. Cependant, je me mets au service du désir de quelqu'un d'autre (le chef de projet), et je vais ensuite transformer les éléments qu'il me livre en images. Le style employé pour une image fait partie des choix artistiques mais l'égo de l'artiste ne doit pas trahir la vision du commanditaire."

2. Influences

"A vrai dire, je regarde très peu d'images. Je m'intéresse à un artiste pour les nécessités de tel ou tel projet, lorsque j'ai besoin d'une référence. C'est comme aller prendre un cours chez les meilleurs. D'un point de vue plus général, je suis attirée par des artistes très variés. Gustave Klimt et Egon Schiele qui m'ont décidée à devenir une "artiste visuelle". Il y a aussi Andy Warhol qui a un sens de la couleur et du marketing incroyable! Le travail de Jasper Johns qui allie un côté « destroy » et un côté très strict. Pierre Soulages qui transforme la matière en lumière. D'un point de vue musical, des artistes comme Iggy Pop ou Madonna font partie de mes sources d'inspiration. Lorsqu'on évoque le design, on ne peut pas oublier David Carson qui a ouvert les portes de l'underground. J'aime également aller à Amsterdam et regarder les images dans la rue, les jeux typographiques, la composition... Je suis influencée par des réalisations qui reflètent des personnalités créatives et intègres. Peu importe le champ artistique ou le courant, c'est l'âme qui me séduit…"

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3. Style

"Dans mon activité, il n'y a pas vraiment de courant défini. C'est plus le projet et le public auquel on s'adresse qui vont définir le style graphique que je vais employer. J'ai bien sûr ma griffe, j'aime travailler avec des matières et des couleurs fortes, et créer des images avec un point central et une hiérarchie typographique. Mais pour un même projet, je vais partir dans des directions différentes et la direction finale va être choisie avec mon commanditaire. J'aime exploiter des univers graphiques variés, c'est pour ça que je travaille en indépendante…"

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4. Classique et hétérogène

La singularité d’Astrid Chevallier réside principalement dans la manière dont elle construit ses productions. Elle crée une tension en brisant les carcans de ce qu’on appelle l’œuvre classique, œuvre dans laquelle chaque élément a une place bien déterminée et bien hiérarchisée. Ses travaux possèdent une composition moins structurée, il y règne une grande diversité de couleurs, de tailles, de matières et de formes. C’est cette diversité qui donne le rythme si particulier de ses affiches. Chaque détail est au service du tout par la façon dont il s’ajuste aux autres. Néanmoins ces détails (la couleur, la texture, les formes, la typographie…) ont leur importance en tant que tels. De cette composition naît une hétérogénéité qui, mieux que simplement défier les « règles classiques », les utilise pour confondre les matières, les couleurs, les formes, les tailles et faire sortir les lignes de leur cadre habituel. Visuelles ou tactiles ? Comment définir les œuvres d’Astrid Chevallier ? D’un point de vue traditionnel, elle utilise des couleurs fortes, des nuances et des contrastes, ce qui conforte l’aspect purement visuel de son œuvre. Son originalité se manifeste par la présence de papier froissé, de l’épaisseur, de la texture même des feuilles ce qui confère à son travail une qualité sensible, quasi palpable. Astrid Chevallier concilie rigueur et liberté, air classique et rythme de jazz.

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5. Typographie et art

Astrid Chevallier utilise la typographie comme outil fondamental qui lui permet de déterminer la personnalité et le caractère de ses publications. Le texte, lui même, fait image. Au cours du XXème siècle, les polices de caractères ont subi d'importantes mutations: typographies déformées, lettres tridimensionnelles, ombrées, superposées, floues... Peu à peu, le travail d'imprimerie s'est mué en production artistique. "La lettre" a été utilisée pour elle-même.

On peut rappeler brièvement à ce propos:
* le mouvement russe « Constructiviste » (avec Rodtchenko) qui a cherché à gommer les différences entre art majeur et art mineur, nié toute valeur d'usage à la peinture et révolutionné les affiches soviétiques.
* le mouvement néerlandais « De Stijl » (représenté par Mondrian) qui s’est construit autour d'une logique de simplification des formes, des couleurs et de leur combinaison.
* le mouvement Allemand « Bauhaus » qui a joué sur des paradoxes : horizontalité / verticalité, stabilité / dynamique, vide / plein.
* le Dadaïsme et le cubisme qui ont introduit des éléments textuels et le collage dans les œuvres d'art.

Depuis l'irruption de l'art moderne dans les années 1900, l'histoire de la typographie et des mouvements artistiques sont intimement liés. Les héritages culturels d'Astrid Chevallier font que son travail est marqué par la volonté de transporter l'art dans la vie de tous les jours.

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6. Hasard

Astrid Chevallier produit ses œuvres à partir de son environnement, d'images, d'objets insolites... Des « choses anodines », tel un simple couteau trouvé chez un ami, deviennent symboles et éléments clés de ses réalisations. Comme les surréalistes, elle exploite les accidents du hasard objectif, joue avec des taches, des lumières. On pense parfois à Jackson Pollock avec sa technique du dripping. Le hasard est cependant contrôlé : tout procède apparemment du chaos mais la composition intervient dès la première étape. Et c'est le paradoxe! Astrid Chevallier réalise des affiches, éléments figés et muets, pour les installer dans la cacophonie urbaine... Elle propose une vision singulière, différente de la publicité de tous les jours, dans un vacarme visuel sursaturé d'informations, d'émotions, d'expressions: le pari est ambitieux. Ses images s'exposent partout, surtout dans la rue, s'intègrent à la pagaille ambiante et pourtant y restent absolument visibles, lisibles, singulières.

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7. Symbole

Un poignard, une grenouille, une fourchette fichée dans une partition de musique froissée : souvent, les affiches d'Astrid Chevallier ne représentent qu'un objet, objet qui « symbolise le propos ». Une partie plutôt que le tout, Un fragment plutôt que la scène entière. Astrid Chevallier cultive la métonymie, suggère bien plus qu'elle ne montre. Le message n'en est pas pour autant simpliste ou réducteur. Bien au contraire, cette évocation des éléments permet au spectateur de faire vivre l'image dans son esprit avec plus de liberté, de lui donner d'avantage d'épaisseur.

English

1. Design

"Graphic design, to me, is a reflection of who you are.
To choose a design is to choose a way to show yourself, to live and to communicate. Design says a lot about how you take care of things and how exigent you are. It goes with how you dress, it says a lot about your internal elegance... It's a shortcut in human relationships.

I'm not really following a specific graphic style, it's the project and the public we're talking to that will determinate what graphic style I will refer to. The way one expresses oneself is not important, it's just work until you reach a certain ability. What's really important is what inside oneself. Still, when I work on a command, I serve my client and his vision; my job is to transform the elements I'm given into visuals. The style used to create an image is part of the artistic choices, but the ego of the artist should not interfere with the vision of the client."

 

2. Influences

"To be really honest, I don't watch much visuals.
I like to refer to an artist because of a specific project, when I need a reference. It's like taking a class with the best specialists.
On a larger scale I'm attracted to very different artists.
Gustav Klimt and Egon Schiele are the ones who made me want to become a visual artist. There's also Andy Warhol who has an incredible sense of color and marketing! Jasper Johns mixes "destroy" with "very strict". Pierre Soulages transforms texture into light.
On the musical side, artists like Iggy Pop or Madonna are part of my inspiration field. When we talk about design, I cannot pass by David Carson who opened the doors to the underground.
I also like to travel to Amsterdam and look at pictures in the street, how they play with typography and composition... I am sensitive to strong and non compromising personalities. It does not really matter what artistic field or what category they are into, it's the soul that talks to me..."
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3. Style

"In my field of work, there's not really any classification of genre. It's more because of the project and its audience that I will choose to use a specific graphic style. Of course I do have my touch, I like to work with textures and strong colors, and I like to organize pictures around a center and to have a typographic hierarchy. Still, on a given project, I will explore different routes and the final style will be chosen with my client.
I like to explore various territories, that's why I'm running my own business..."
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4. Classic and eclectic

Astrid Chevallier's originality is very tangible in the way she builds her artwork. She creates a tension by breaking the classical rules, in which each element are supposed to have a very specific role with a specific function. Her pieces are less rigid, there's a lot of various colors, lots of sizes, textures and forms. It's that diversity that gives that unique rhythm to her work. Every detail is useful to the big picture because of the way it works with another. Still, all of these details (color, texture, form, typography...) have their own purpose. An eclectic style emerges from this combination, one that not only defies the classical rules, but also uses them to mix the textures, the colors, the shapes and the sizes and makes them come out of their beaten path.
Visual or tactile?
How can one describe the pieces of Astrid Chevallier?
From a traditional point of view, she uses strong colors, nuances and contrasts, which gives a lot of visual strength to her work.
Her singularity shows through shred paper, depth, texture of those same papers which bring a sensible tension to her work, the kind one could almost touch. Astrid Chevallier mixes discipline and freedom, classical music and jazz tunes.
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5. Typography and art

Astrid Chevallier uses typography as a basic tool that helps her define the vibe and the style of her creations.
The text by itself becomes a graphic element.
During the 20th century, typefaces have been through major mutations: deformation, 3D, shadows, superposition, blur...
Little by little, the traditional lead type work has muted into an artistic production.
"The character" has been used as a graphic element.

Let's go back to a few historic movements:
• the Russian Constructivism (with Rodtchenko) focused on getting rid of the differences between major and minor Art. It denied painting could have any practical use, and it changed drastically the Soviet posters.
• the Dutch wave "De Stijl" (represented by Mondrian) is based on a logic that leads to simplify forms, colors and combinations of both.
• the German Bauhaus has been using paradoxes: horizontal/vertical, stability/dynamism, emptiness/fulness.
• Dadaism and cubism brought in some textual elements and some collages in fine art works.

Since the blooming of modernism in the years 1900, typography and artistic waves are part of the same whole.
Astrid Chevallier's cultural heritage explains that her work wants to be part of the day to day life.
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6. Randomness

Astrid Chevallier creates her pieces with what she finds around her, including pictures, eclectic objects... "Little things", like this simple knife she found at a friend of hers, become symbols and key elements of her work. As the surrealist artists used to do, she makes use of random accidents, she plays with spots and lights. Sometimes she makes us think of Jackson Pollock with his dripping technics. Still, randomness is kept under control: although things seems to come from chaos, everything is based on the composition. That's where we see the paradox! Astrid Chevallier creates posters, that are still and muted elements, and send them out in the urban cacophony... She offers a unique vision, very different from the average advertisement, and sets it up inside the visual noise over-saturated with informations, emotions and expressions: It's quite an ambitious challenge. Her pictures can be seen everywhere, especially in the street. They find their place in the ambient chaos and still they are visible, readable, and different.
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7. Symbol

A knife, a frog, a fork stuck in a shred music sheet: Astrid Chevallier's posters are often showing one object that represents an idea. Little is more. A fragment is preferred to the wide scene. Astrid Chevallier suggests more than she shows. But don't assume that the message has become simplistic or retarded. Absolutely not. This evocation through elements allows the visual to live inside one's mind with more freedom, and more reality.